L’essentiel à retenir : la Traction Avant a littéralement réinventé l’automobile en fusionnant traction avant et carrosserie monocoque. Ce coup de génie technique a offert une tenue de route et une sécurité inédites, enterrant les vieux châssis séparés. C’est bien plus qu’une ancêtre : 90 ans après, elle reste la matrice de toutes nos voitures modernes. Une véritable leçon d’audace industrielle.
Vous ne trouvez pas que nos véhicules actuels ressemblent parfois à des grille-pains sans âme comparés aux monuments mécaniques d’autrefois ? C’est exactement pour ça qu’il faut se pencher sur la citroen traction, cette icône absolue qui a envoyé valser les standards pour imposer sa loi sur le bitume avec une audace folle. Je vous emmène découvrir pourquoi cette voiture a ringardisé la concurrence et comment son génie technique continue, croyez-le ou non, d’influencer ce que vous conduisez tous les jours… accrochez-vous, on part faire un tour dans l’Histoire 🏁 !

Pourquoi la Traction a-t-elle tout changé sous le capot ?
La fin d’une époque : adieu propulsion et châssis séparé
Imaginez le tableau dans les années 30. Tout le monde roulait en propulsion avec des châssis lourds. Citroën débarque et met tout par terre. C’est la première grande série à mettre la puissance sur les roues avant. Un pari fou pour l’époque.
Prenez la carrosserie monocoque. Simplement, la caisse et le châssis ne font plus qu’un. Ça allège la voiture et la rend plus rigide. Mon père mécano m’a toujours dit que c’était ça, le vrai coup de génie.
André Citroën a tout misé là-dessus. Il y a laissé sa chemise, mais a changé l’automobile. Une audace gravée dans l’histoire du logo Citroën et ses chevrons.
Une tenue de route qui a surpris tout le monde
Avant, on poussait la voiture. Là, elle se tire. Ça change tout au volant. La tenue de route devient diablement efficace, surtout quand on attaque un virage un peu serré.
Ajoutez le centre de gravité très bas grâce à l’absence de châssis. La voiture colle littéralement à la route. Pour les conducteurs de l’époque, c’était une sensation de sécurité totalement nouvelle.
« Elle virait à plat, sans roulis, donnant une impression de sécurité et de contrôle que personne n’avait connue sur une voiture de cette gamme. »
Ces « petits » détails qui ont fait une grande différence
Je pense aux quatre roues indépendantes et la suspension par barres de torsion. Un confort et une stabilité jamais vus sur une voiture populaire. Fini les secousses sur les routes de campagne.
Il faut mentionner la direction à crémaillère, plus précise. C’est un standard aujourd’hui, mais c’était avant-gardiste en 1936.
Si je devais résumer pourquoi cette voiture a marqué mon père et toute une génération, ce serait pour ces trois points techniques précis :
- La traction avant généralisée en grande série.
- La structure monocoque autoportante.
- Les quatre roues indépendantes pour le confort et la tenue de route.
Comment son design a-t-il ringardisé toutes les autres voitures ?

Mais la technique ne fait pas tout. Si la Traction a marqué les esprits, c’est aussi parce qu’elle avait une sacrée gueule.
Plus basse, plus élancée : la rupture visuelle
Vous imaginez le choc visuel dans les rues en 1934 ? À côté des caisses carrées et hautes de l’époque, la citroen traction paraissait venir tout droit du futur. Son profil bas et aérodynamique, dessiné par le talentueux Flaminio Bertoni, était une véritable déclaration de modernité. On passait brutalement du fiacre à l’avion.
Ce design n’était pas juste esthétique, loin de là. La hauteur réduite était une conséquence directe de la structure monocoque et de l’absence d’arbre de transmission sous le châssis. La forme suit la fonction, c’est la base.
Elle dégageait une impression de puissance et de vitesse qu’elle dégageait, même à l’arrêt. Une voiture qui avait l’air rapide, et qui l’était.
L’intérieur : un espace pensé pour les passagers, enfin !
Le secret résidait dans le fameux plancher plat. Sans tunnel de transmission, l’espace à bord était immense pour l’époque. On pouvait presque danser dedans. C’était une vraie berline familiale avant l’heure.
Regardez le levier de vitesse planté au tableau de bord. Ça dégageait totalement l’espace entre les sièges avant. Encore une idée simple mais qui changeait la vie à bord.
Voici les éléments de design qui ont marqué sa silhouette :
- Le profil bas et aérodynamique.
- L’absence de marchepieds, intégrant la carrosserie.
- Les phares intégrés aux ailes (sur les dernières versions).
L’héritage Bertoni : une signature pour des décennies
Flaminio Bertoni n’était pas juste un designer, mais un sculpteur. La Traction est sa première grande œuvre chez Citroën. Il a littéralement sculpté la modernité.
On retrouve l’ADN de la Traction ailleurs. Il transpire dans la 2 CV et, bien sûr, dans la Citroën DS. C’est le début d’un style Citroën unique.
Ce design, même 90 ans après, reste équilibré et élégant. C’est la marque des vrais classiques, comme une belle montre qui ne se démode jamais.
7, 11, 15… comment s’y retrouver dans la famille Traction ?
Une ligne pareille, ça donnait envie dès le premier regard. Mais sous le capot, il y avait plusieurs choix possibles pour l’acheteur. La famille Traction est bien plus grande.
La 7 CV : le galop d’essai audacieux (et risqué)
La 7 CV est la véritable pionnière lancée en 1934. C’est elle qui a essuyé les plâtres d’une technologie nouvelle. Un lancement précipité qui a malheureusement révélé quelques soucis de jeunesse agaçants.
Malgré ses défauts initiaux, c’est elle qui a posé toutes les bases techniques. Le public a tout de suite vu le potentiel énorme de la machine. C’était la promesse concrète d’une nouvelle ère.
Sa carrière fut courte, vite remplacée par la 11 CV plus fiable et plus puissante. Elle reste la mère incontestée de toutes les `citroen traction`.
La 11 CV : la « Reine de la Route » pour tous
Voici le cœur battant de la gamme. La 11 CV reste le modèle le plus produit et le plus connu. C’est la vraie voiture du peuple version Citroën, robuste et accessible.
Il faut bien différencier la 11 BL (Légère) de la 11 B (Normale). L’une est plus fine et agile tandis que l’autre se veut plus spacieuse et statutaire. À chacun sa Traction selon l’usage.
Sa longévité exceptionnelle force le respect avec une carrière de 1934 à 1957. Elle a traversé la guerre et participé activement à la reconstruction du pays. C’est elle la fameuse « Reine de la Route ».
La 15 Six : le vaisseau amiral et son moteur noble
La 15 Six représente le haut de gamme absolu de la série. Avec son moteur 6 cylindres, elle offrait des performances et une souplesse incroyables pour l’époque.
| Modèle | Années de production | Moteur (simplifié) | Particularité |
|---|---|---|---|
| 7 CV | 1934-1941 | 4 cylindres | Le modèle pionnier |
| 11 CV Légère (BL) | 1934-1957 | 4 cylindres | Agile et la plus répandue |
| 11 CV Normale (B) | 1934-1957 | 4 cylindres | Plus large et spacieuse |
| 15 Six | 1938-1956 | 6 cylindres | La routière puissante et confortable |
Les licornes de la Traction : ces modèles que tout le monde rêve de voir
Au-delà des modèles de grande série, la Traction a aussi ses légendes. Des versions si rares qu’elles relèvent presque du mythe.
Le mythe de la 22 CV : le V8 qui n’a (presque) jamais existé
Vous avez sûrement entendu parler de la 22 CV. C’était le projet un peu fou d’une citroen traction équipée d’un puissant moteur V8. Présentée en grande pompe au Salon de Paris en 1934, elle a fait sensation. C’était la promesse d’une véritable supercar française.
Malheureusement, elle n’a jamais vu le jour en série. La faillite brutale de Citroën et le rachat par Michelin ont mis un terme définitif au projet. C’était jugé trop cher, et surtout trop complexe.
Le mystère qui l’entoure reste entier aujourd’hui. Les quelques prototypes fabriqués ont tous disparu. En voir une de nos jours, c’est comme trouver le Graal.
Le cabriolet : la liberté à ciel ouvert, un luxe rare
Parlons du superbe cabriolet Traction. Sa ligne possède une pureté qui dépasse encore celle de la berline. C’est l’élégance absolue. C’était la voiture idéale des beaux jours, réservée aux gens fortunés.
Il faut souligner sa rareté extrême. Produit en très petite quantité, il est aujourd’hui l’un des modèles les plus recherchés par les collectionneurs avertis. Son prix s’en ressent forcément sur le marché.
Pour moi, c’est la plus belle de toutes, sans hésitation. Elle incarne la quintessence de l’esprit de liberté des années 30.
Les carrosseries spéciales : Familiale et Commerciale
Je dois vous présenter la version Familiale. Avec son empattement allongé et ses trois rangées de sièges, elle était capable d’accueillir jusqu’à 9 personnes. C’est l’ancêtre direct de nos monospaces modernes, tout simplement.
Il y avait aussi la Commerciale, reconnaissable avec son hayon. Elle offrait une modularité incroyable pour un véhicule utilitaire de cette époque. On pouvait vraiment tout transporter avec cette machine.
Ces versions montrent à quel point la plateforme de la Traction était polyvalente. C’était une base saine pour absolument tous les usages.
Plus qu’une voiture, un symbole de la France
Mais la Traction, ce n’est pas juste une liste de modèles. C’est une voiture qui a vécu l’Histoire de France, pour le meilleur et pour le pire.
La voiture des FFI et de la Gestapo : une image ambivalente
Durant les heures sombres, la citroen traction n’était pas qu’un tas de ferraille. Sa traction avant et sa tenue de route exceptionnelle en faisaient une arme redoutable sur le bitume. Elle collait à la route, devenant le choix numéro un pour… tout le monde.
Malheureusement, l’ennemi avait du goût. La Gestapo a réquisitionné ces berlines par dizaines, semant la terreur dans les campagnes. Voir cette silhouette noire rôder la nuit, c’était l’assurance d’avoir le sang glacé. C’était la couleur de la peur.
Pourtant, elle a fini par changer de camp. Les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) l’ont reprise, peignant leurs trois lettres sur les portières. Rapide, discrète et robuste, elle est devenue le char de la liberté pour nos résistants.
L’après-guerre : l’icône de la reconstruction
1945. Les usines de Javel se remettent en marche, doucement mais sûrement. La production reprend et la Traction devient le moteur d’une nation qui se relève de ses cendres. Elle incarne cette volonté d’avancer malgré les cicatrices.
C’est la bagnole du médecin de campagne, du notable, mais aussi des familles qui redécouvrent la joie des congés payés. Elle a littéralement motorisé la France à l’aube des Trente Glorieuses. Une mécanique fiable pour un pays en chantier.
« Après les ténèbres de la guerre, la silhouette familière de la Traction sur les routes était comme un signe que la vie, enfin, reprenait son cours. »
De de Gaulle au cinéma : une star sur quatre roues
Même au sommet de l’État, elle imposait le respect. Le Général de Gaulle ne jurait que par elle, utilisant souvent une version blindée pour ses déplacements. Avant la DS, c’était elle, le visage austère et solide de la République.
Ensuite, le grand écran l’a rendue immortelle. Présente dans plus de 1 300 films, elle est devenue l’archétype de l’auto française des années 50. Que ce soit la voiture de Maigret ou celle des gangsters dans les Tontons Flingueurs, elle a façonné notre imaginaire collectif. On la voit, et on sent l’odeur des Gauloises.
Bref, ce n’est pas qu’un objet de collection. C’est un morceau de notre patrimoine, un témoin mécanique de notre histoire commune.
Et si je voulais une Traction aujourd’hui ?
Ce passé glorieux fait rêver, pas vrai ? Mais concrètement, est-ce une bonne idée de vouloir sa propre citroen traction en 2026 ? Laissez-moi vous donner mon avis brut de passionné.
Le marché de l’occasion : à quoi s’attendre côté prix ?
Compter environ 17 000 € pour une belle 11B prête à rouler. On en trouve encore, c’est sûr, mais ce n’est plus la voiture bon marché d’il y a vingt ans.
Attention, le ticket d’entrée varie énormément selon le pedigree. Une simple berline 11 CV reste accessible, tandis qu’un rare cabriolet 15 Six s’envole vers les sommets, frôlant parfois les 80 000 €.
Méfiez-vous des « bonnes affaires » à 5 000 € qui traînent. Une restauration complète coûte un bras, croyez-moi. Mieux vaut payer le prix fort pour un exemplaire sain dès le départ.
Les points à vérifier : mon expérience de mécano
Mon père me le répétait souvent : le cancer de la Traction, c’est la corrosion. La structure monocoque ne pardonne pas. Inspectez impérativement les planchers, les bas de caisse et le coffre.
La rouille sur une coque autoporteuse, c’est le début des gros ennuis structurels. C’est infiniment plus grave et coûteux à réparer que sur une voiture à châssis séparé classique.
- Examiner la corrosion de la structure sous tous les angles, surtout les « jambonneaux ».
- Vérifier l’état du moteur et l’absence de fumée bleue suspecte.
- Tester la boîte de vitesses, qui doit rester douce et précise.
- Demander l’historique et les factures de restauration.
Vivre avec une mamie de 80 ans : l’entretien au quotidien
Soyons clairs : conduire une ancêtre de 80 ans demande de l’humilité. Oubliez vos réflexes modernes. Ça demande de l’anticipation et beaucoup de douceur, car le freinage est… d’époque.
Côté cambouis, c’est du bonheur. La mécanique est agricole et les pièces détachées se dénichent facilement chez les spécialistes ou via les clubs. C’est l’école idéale pour un mécanicien amateur.
C’est une passion exigeante, certes. Ça demande du temps et de l’huile de coude le dimanche, mais le plaisir de rouler dans ce mythe français est absolument incomparable.
L’héritage de la Traction : pourquoi on en parle encore en 2026 ?
Finalement, posséder une Traction, c’est entretenir une flamme. Mais même pour ceux qui n’en auront jamais, son héritage est partout autour de nous.
La mère de toutes les voitures modernes ?
Regardez votre véhicule actuel. Il y a de fortes chances que ce soit un descendant direct de cette icône. La traction avant et la structure monocoque, introduites en série en 1934, sont devenues la norme mondiale absolue. On lui doit tout.
Même la légendaire suspension hydropneumatique de la future DS a fait ses premières armes ici. La 15 Six H a servi de laboratoire roulant jusqu’au bout, prouvant que l’innovation ne s’arrête jamais.
Elle n’a pas seulement défini Citroën ou la France. Elle a tracé la route technique de l’automobile pour les cinquante années suivantes. Rien que ça.
L’inspiration qui ne meurt jamais : hommages et concepts
Beaucoup me demandent si on verra une « Traction 2026 » chez les concessionnaires. La réponse brute est non. Pourtant, son esprit plane toujours sur l’industrie, invisible mais omniprésent.
Des designers indépendants, comme avec le concept « Reverence », reviennent sans cesse à cette silhouette basse. Sa ligne, dictée par l’absence de châssis séparé, reste une référence absolue en matière de style.
Son influence dépasse la tôle et les boulons. C’est culturel. Elle incarne une certaine idée de l’élégance française, celle qui mélange audace technique et confort souverain sur la route.
Au-delà de la mécanique : une leçon d’audace
Voici ce que je retiens vraiment : une vision audacieuse peut changer le monde. André Lefèbvre a pris des risques immenses. Ça a coûté cher au début, mais le résultat est là.
C’est une leçon vitale. Quand ma fille Clara bosse sur ses projets d’éco-mobilité, je lui dis de regarder la citroen traction. Elle prouve qu’il faut parfois bousculer les codes établis pour faire avancer les choses durablement.
Bref, ce n’est pas qu’une vieille voiture de collection. C’est une source d’inspiration brute. Et c’est exactement pour ça qu’on l’aime encore aujourd’hui.
Dans l’ensemble, la Traction, c’est la preuve qu’il faut oser. Dire que sa boîte de vitesses a même fini championne en F1 ! 🏎️ C’est plus que de la mécanique, c’est de l’émotion pure. Merci d’avoir lu ce pavé… 😉 Allez, gardez le cap et bonne route à tous ! 🚗💨
FAQ
Quand est-ce que cette révolution a débarqué sur nos routes ?
C’était en avril 1934. Une date à marquer d’une pierre blanche ! Pour moi, c’est le moment précis où l’automobile est entrée dans l’ère moderne. André Citroën a joué un véritable coup de poker avec ce lancement. Imaginez un peu le choc visuel et technique à l’époque : on passait des « caisses à savon » hautes sur pattes à une ligne basse, fluide et aérodynamique. C’était littéralement le futur qui s’invitait dans le présent.
Combien faut-il débourser pour une Traction aujourd’hui ?
Ah, la question du budget… C’est comme pour les montres anciennes que je restaure le week-end : tout dépend de l’état et de la rareté ! 🕰️ On peut trouver des bases à restaurer (avec beaucoup de courage et d’huile de coude) pour quelques milliers d’euros. Mais pour une voiture saine, prête à prendre la route sans arrière-pensée, les prix ont grimpé. C’est devenu un véritable objet de collection, un morceau de patrimoine. Mon conseil de fils de mécano ? Mettez le prix dans une caisse saine, la rouille sur une monocoque coûte une fortune à réparer.
Et pour une 11B spécifiquement, quel est le budget ?
La 11B, c’est la « Normale », celle qu’on a tous en tête. Pour un bel exemplaire qui tourne rond, il faut compter généralement entre 15 000 et 25 000 euros. C’est une somme, certes, mais pour rouler dans une légende, c’est presque raisonnable comparé à d’autres ancêtres. C’est la voiture idéale pour commencer dans la collection : robuste, pièces disponibles et un capital sympathie énorme sur la route !
Quelle a été l’ultime version de la Traction avant la retraite ?
La production s’est arrêtée en juillet 1957, laissant la place à la soucoupe volante qu’était la DS. Les toutes dernières étaient des 11D. Mais il ne faut pas oublier la 15/6 H sortie en 1954. C’était un véritable laboratoire roulant : elle était équipée à l’arrière de la fameuse suspension hydropneumatique. C’est émouvant de se dire que la vieille reine a servi de tremplin technologique pour celle qui allait lui succéder. Une belle passation de pouvoir. 🚗💨




