L’essentiel à retenir : la Peugeot 104 a marqué l’histoire par son architecture révolutionnaire, offrant quatre portes dans un gabarit inédit grâce à son moteur incliné. Cette conception ingénieuse a posé les bases de la citadine polyvalente moderne et assuré l’essor de PSA. Une prouesse d’habitabilité logée dans un record de 3,58 mètres.

On ne jure que par la 205, mais est-ce que la peugeot 104 ne serait pas finalement la vraie pépite oubliée de nos garages ? Je vous emmène soulever le capot de cette puce mécanique pour comprendre comment son fameux « moteur X » et son agilité de kart ont tracé la route des citadines modernes. Accrochez-vous, car on va voir pourquoi cette petite lionne mérite bien plus qu’un simple coup d’œil nostalgique ! 🦁

Peugeot 104 jaune garée montrant son design compact et ses lignes angulaires typiques des années 70

La genèse d’une icône : comment la 104 a réinventé la petite voiture

Un projet né d’une alliance stratégique

Dans les années 60, la marque au lion n’avait rien pour le citadin pressé. L’accord technique signé avec Renault en 1966 a tout déclenché, croyez-moi sur parole. C’était une pure question de survie industrielle face à la concurrence.

Ils ont joué finement en laissant le champ libre à la future R5 trois portes. Peugeot a donc visé une berline 4 portes, un segment alors totalement inoccupé pour une si petite auto. Un pari sacrément malin.

Ce projet M18, lancé discrètement en 1966, a finalement abouti à la présentation officielle au Mondial de l’Automobile de Paris en 1972.

Le coup de crayon de Paolo Martin : une ligne qui a marqué son temps

C’est le maître Paolo Martin, chez Pininfarina, qui a tenu le crayon pour cette auto. Son style était net, carré et sans fioritures inutiles. Une modernité qui tranchait avec le passé.

Regardez ces lignes tendues et cette immense surface vitrée, c’est frappant. C’était une rupture brutale avec les formes rondes des années 60. On sentait déjà pointer l’efficacité froide et la rationalité typique des années 70.

Ce design a littéralement défini le concept de citadine polyvalente bien avant tout le monde. C’était une petite bagnole qui avait tout d’une grande routière.

La plus courte berline 4 portes d’Europe : un pari audacieux

Retenez bien ce chiffre clé : 3,58 mètres de long. À son lancement, c’était tout bonnement un record absolu pour une 4 portes.

Ça signifiait une agilité diabolique en ville tout en gardant l’aspect pratique des quatre ouvrants. C’était le beurre et l’argent du beurre. Le meilleur des deux mondes.

Pourtant, malgré cette compacité extrême de la peugeot 104, l’habitabilité restait surprenante. C’est là qu’on voit le génie de la conception. On y reviendra en parlant de la mécanique.

« À sa sortie, la 104 a bousculé les codes en offrant quatre portes dans un gabarit à peine plus grand qu’une Mini. C’était une petite révolution pour les familles urbaines. »

Sous le capot : la mécanique ingénieuse du « moteur X »

Vue détaillée du moteur X tout aluminium de la Peugeot 104 avec sa boîte de vitesses intégrée

Mais le design ne fait pas tout. Si la 104 était si spacieuse, c’est grâce à des choix mécaniques très astucieux. Laissez-moi vous parler de ce qui se cache sous son petit capot.

Une conception tout en aluminium, partagée avec Renault

Parlons franchement de ce qui anime la Peugeot 104 : le fameux « moteur X ». C’est le cœur battant de cette auto, une mécanique résolument moderne pour son époque, loin des vieux blocs en fonte.

Mon père, qui a passé sa vie les mains dans le cambouis, appréciait ce détail : le bloc et la culasse étaient entièrement en aluminium. C’était rare dans les années 70 ! Ce choix rendait la voiture incroyablement légère, favorisant son agilité légendaire et sa faible consommation.

Il faut dire que son développement a été partagé avec Renault, qui l’a d’ailleurs utilisé dans la R14. Une belle synergie industrielle qui a profité aux deux marques.

La disposition transversale : un gain de place bluffant

Les ingénieurs n’ont pas fait les choses à moitié. Le moteur n’était pas seulement transversal, il était aussi incliné de 72° vers l’arrière. Une vraie contorsion mécanique pour gagner de la place.

L’astuce de génie ? La boîte de vitesses était logée sous le moteur, partageant le même carter d’huile. C’est cette architecture spécifique, parfois surnommée « valise », qui a permis de libérer un maximum d’espace pour l’habitacle.

Le résultat est sans appel : un capot très court et un intérieur étonnamment vaste pour une voiture de 3,58 m. Du pur pragmatisme.

Les différentes cylindrées : du sage 954 cm³ au nerveux 1360 cm³

Tout a commencé avec le moteur de base, le 954 cm³ de 46 ch. Soyons clairs : c’était parfait pour la ville et très économique, mais ce n’était pas un foudre de guerre.

Heureusement, la gamme a vite évolué pour offrir plus de polyvalence. Le 1 124 cm³ (passant de 50 à 66 ch sur la S) a changé la donne, suivi par le 1 219 cm³ et enfin le fameux 1 360 cm³.

Ce dernier a transformé l’auto : sur la ZS2, le 1360 cm³ a atteint jusqu’à 93 ch sur la ZS2. Avec un poids plume, ça transformait la petite puce en véritable petite bombe.

Une famille nombreuse : les multiples visages de la 104

Avec une base aussi saine, Peugeot n’allait pas s’arrêter là. La 104 a eu plusieurs vies, plusieurs carrosseries, et a même servi de mère porteuse pour ses cousines.

De la berline 4 portes au coupé : l’évolution des carrosseries

Au départ en 1972, la berline 4 portes manquait de praticité. Une petite malle arrière sans ouverture complète, c’était un peu juste pour charger les courses. Peugeot a vite compris l’erreur.

En 1976, c’est la révolution avec l’arrivée du hayon. La berline se transforme alors en une 5 portes bien plus pratique au quotidien. Ça a vraiment changé la donne pour elle.

Et puis, il y a le coupé, plus court et franchement plus fun. C’est lui qui a ouvert la voie aux versions sportives qui nous font encore vibrer aujourd’hui.

  • 1972 : Lancement de la berline bicorps à 4 portes.
  • 1974 : Arrivée du coupé 3 portes, plus court (3,30 m) et doté d’un hayon.
  • 1976 : La berline adopte enfin un hayon et devient une 5 portes, gagnant en polyvalence.

Les versions sportives qui ont fait sa légende : ZS et ZS2

Parlons mécanique. La 104 S et la ZS ont été les premières à donner un vrai tempérament sportif à la petite `peugeot 104`. Plus de puissance, un look plus affirmé, enfin du caractère !

Mais le Graal, c’est la ZS2. C’était autre chose. Une série limitée à 1000 exemplaires, conçue pour l’homologation en rallye. Avec son moteur 1.4 de 93 ch, c’était un monstre de poche sur la route.

Sa rareté en fait une légende absolue. Trouver une ZS2 d’origine est le Graal pour un collectionneur qui connait la valeur de cette mécanique.

Avec ses extensions d’ailes, son moteur de 93 chevaux et sa production limitée à 1000 unités, la ZS2 n’était pas une simple voiturette, c’était un ticket d’entrée pour la compétition.

Plus qu’une voiture, une plateforme : l’héritage pour Citroën et Talbot

La 104 n’a pas seulement eu une belle carrière solo. Elle a aussi servi de base technique solide pour d’autres modèles du groupe PSA, partageant ses entrailles.

Regardez les « cousines » techniques. La Citroën LN et LNA, la Citroën Visa, et même la Talbot Samba. Toutes partagent la plateforme et des éléments mécaniques de la 104. Une vraie famille recomposée.

C’est de l’intelligence industrielle pure. Une plateforme, plusieurs voitures, des coûts réduits. Malin et visionnaire.

Au volant et dans le garage : ce qu’il faut savoir aujourd’hui

Bon, c’est bien beau l’histoire, mais si aujourd’hui, en 2026, l’idée d’en mettre une dans votre garage vous trotte dans la tête ? Parlons concret : fiabilité, prix et sensations.

Fiabilité et points à surveiller en 2026

Soyons clairs : la mécanique de la peugeot 104 est d’une simplicité biblique. Le fameux moteur X tout alu, s’il a été respecté avec de la bonne huile, est increvable. C’est du solide.

Mais attention, le vrai danger, c’est la corrosion. Comme beaucoup d’anciennes de cette époque, elle croustille vite. Inspectez impérativement les planchers et les passages de roue avant de signer quoi que ce soit.

Mon conseil de vieux briscard ? Privilégiez toujours une caisse saine, quitte à refaire un joint de culasse. Une coque pourrie par la rouille, c’est un cauchemar financier et technique que je ne souhaite à personne.

  • Corrosion perforante : Le principal ennemi. Vérifiez les planchers, les longerons et les tours d’amortisseurs.
  • Joint de culasse : Sur le moteur X, il peut parfois montrer des signes de faiblesse.
  • Synchros de boîte : La boîte de vitesses sous le moteur peut avoir des synchros fatigués, surtout sur les premiers rapports.
  • Circuit électrique : Simple, mais les connexions peuvent s’oxyder avec le temps.

La cote actuelle : combien vaut une 104 de collection ?

La cote reste accessible pour le moment, mais ne traînez pas trop. Les versions désirables commencent à grimper sérieusement, tirées par la nostalgie des années 70.

Pour une GL ou une GLS honnête et roulante, comptez une poignée de billets, disons entre 2 500 et 4 000 euros.

Par contre, pour les sportives, c’est la folie douce. Les coupés ZS et ZS2 sont devenus de véritables objets de spéculation financière. Une belle ZS chiffre vite, et pour une ZS2, on atteint des sommets indécents pour une citadine.

Modèle Années de production Spécificités notables Cote estimée 2026 (état concours)
104 GL/GLS (5 portes) 1976-1988 Version de base polyvalente 2 500 € – 4 000 €
Coupé ZL/ZS 1974-1983 Look sportif, moteur 1.1L (ZS) 5 000 € – 9 000 €
Berline S (5 portes) 1979-1983 Moteur 1.1L 66 ch, look sportif 4 000 € – 6 000 €
Coupé ZS2 1979 Série limitée 1000 ex. > 25 000 €

L’expérience de conduite : pourquoi son agilité séduit encore

Oubliez la conduite aseptisée d’aujourd’hui. Ici, pas de direction assistée ni d’ABS pour vous sauver la mise. C’est vous, le volant, et la route. Une sensation brute que j’adore.

Le secret de sa vivacité ? Son poids plume d’environ 760 kg. C’est ridicule comparé aux enclumes actuelles. Du coup, on a l’impression de piloter un kart, surtout avec les coupés courts. C’est agile, ça vire à plat, c’est jouissif.

Bref, c’est le plaisir simple de la mécanique qui vit. Une voiture capable de vous donner la banane à 80 km/h, sans risquer votre permis.

L’héritage et les curiosités de la petite lionne

La 104 n’a pas seulement été une voiture du quotidien. Elle a eu une vie trépidante en compétition et a laissé une trace durable, parfois là où on ne l’attend pas.

Son parcours en compétition : bien plus qu’une citadine

Vous connaissez la Coupe Peugeot 104 ? C’était une formule de promotion géniale qui a mis le pied à l’étrier à de nombreux pilotes amateurs et passionnés.

Elle a aussi brillé dans le Championnat de France des rallyes Terre. Avec son poids plume, sa légèreté et son agilité faisaient des merveilles sur les chemins boueux. Une vraie petite bombe.

Le plus fou ? Sa victoire aux 24 Heures de Chamonix sur glace en 1977. Inattendu, non ?

Le cas de la « 104 mobylette » : un nom, deux univers ?

On me demande souvent si je parle du cyclomoteur Peugeot 104. C’est vrai, beaucoup de gens font l’amalgame entre la voiture et la fameuse « meule ».

Mais attention, les deux n’ont rien à voir techniquement. C’était juste une nomenclature de gamme chez Peugeot à l’époque, qui suivait les 101, 102, 103, 104… Logique, mais confusant.

C’est une anecdote amusante qui montre la force de ce nom dans nos mémoires.

De la 104 à la 205 : la transition vers une nouvelle star

La production de la peugeot 104 s’est arrêtée en mai 1988. Après 16 ans de carrière et plus de 1,6 million d’exemplaires, elle a tiré sa révérence.

Elle a laissé la place à la 205. La 104 a préparé le terrain pour ce « sacré numéro ». L’esprit de la petite sportive agile a été magnifié par sa digne héritière, la Peugeot 205 Rallye.

La 104 a posé les bases solides d’un succès qui allait devenir planétaire pour la marque.

  • Pionnière des « superminis » : Elle a défini les standards de la citadine polyvalente moderne.
  • Base technique pour PSA : Sa plateforme a été rentabilisée sur plusieurs modèles.
  • Icône populaire : Elle reste une voiture attachante dans la mémoire collective.

Dans l’ensemble, la 104 n’est pas juste une ancêtre… c’est la matriarche audacieuse qui a pavé la route pour la 205. Elle a ce petit truc en plus, une âme mécanique brute qu’on trouve plus trop aujourd’hui. Une vraie populaire ! 🚗

Merci d’avoir lu mes souvenirs de cambouis. À la prochaine et bonne route !

FAQ

Combien faut-il débourser pour une 104 aujourd’hui ?

Honnêtement, ça dépend vraiment de ce que vous cherchez. Si vous visez une berline 5 portes classique, comme une GL ou une GLS en bon état, c’est encore très accessible, disons entre 2 500 € et 4 000 €. C’est le ticket d’entrée idéal pour goûter à l’ancienne sans se ruiner.

Par contre, si votre cœur balance pour un coupé ZS, là, les prix s’envolent. On tape facile dans les 5 000 € à 9 000 € pour un bel exemplaire. C’est la loi de l’offre et de la demande, et le look sportif se paie au prix fort.

À quelle vitesse peut-on vraiment rouler en 104 ?

Ne vous attendez pas à battre des records sur la ligne droite des Hunaudières ! Avec le petit moteur de 954 cm³ de base, vous plafonnerez péniblement autour de 135 km/h, le vent dans le dos. C’est une voiture faite pour la ville et les départementales, pas pour l’autobahn.

Cela dit, si vous avez la chance de piloter une ZS2 avec son 1360 cm³ de 93 ch, c’est une autre histoire. Cette petite bombe peut frôler les 173 km/h. À cette vitesse-là, dans une caisse de 700 kg sans insonorisation, je vous garantis que les sensations sont… intenses !

Et pour une version de collection comme la ZS2, ça grimpe à combien ?

Là, on change carrément de monde. La 104 ZS2, c’est le Graal absolu. Comme elle a été produite en série très limitée pour l’homologation en rallye, elle est devenue un véritable objet de spéculation.

Aujourd’hui, pour une ZS2 en état concours, il n’est pas rare de voir des annonces dépasser les 25 000 €, voire plus lors des ventes aux enchères. C’est cher pour une « petite » Peugeot, mais c’est le prix de l’exclusivité et de l’histoire sportive.

Quelle est la 104 la plus introuvable du marché ?

Sans aucun doute, c’est la 104 ZS2. Produite uniquement entre janvier et mars 1979 à 1 000 exemplaires, c’est une rareté. Beaucoup ont fini pliées en rallye ou rongées par la rouille, ce qui rend les survivantes d’autant plus précieuses.

Il y a aussi les prototypes de Pininfarina, comme la « Peugette », mais bon, là on parle de pièces de musée qui ne verront jamais votre garage. Pour le commun des mortels, la ZS2 reste la licorne à chasser.

Est-ce que ça consomme beaucoup, cette petite mécanique ?

Pas tant que ça, et c’est là tout le génie de sa conception légère. Avec son poids plume autour de 760 kg et son moteur tout alu, une 104 bien réglée tourne autour de 6 à 7 litres aux 100 km en usage mixte. Pour une conception des années 70, c’est plutôt sobre.

Évidemment, si vous avez le pied lourd avec une version à double carburateur, la jauge descendra plus vite. Mais globalement, ça reste une voiture économique à l’usage, tant que le carburateur ne fait pas des siennes.

Est-ce que la 104 est un bon placement pour l’avenir ?

Je pense que oui, surtout pour les coupés (ZS, ZL) et les premières séries avec les petits feux et les pare-chocs chromés. La nostalgie des années 70/80 bat son plein et la 104 commence enfin à sortir de l’ombre de la 205.

Si vous trouvez une ZS saine, sans trop de corrosion (le cancer de ces autos !), sa valeur ne fera que monter. C’est le moment d’acheter avant que ça ne devienne aussi intouchable qu’une 205 GTI.